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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 15:11

Selon la doxa apparue il y a quelques années (de façon contemporaine au mouvement d'autonomisation des sages-femmes vis à vis du corps médical), entendue mille fois et répétée mille fois par la bouche de très nombreuses sages femmes, il y aurait donc deux types de grossesses : les "physios" (pour physiologiques) et les "pathos" (pour pathologiques), donnant issues à deux types d'accouchement : les "physios" et les "pathos".

Les "physios" seraient le domaine réservé des sages-femmes qui exercent le noble art de la maïeutique, tandis que la prise en charge des "pathos" serait dévolue à des médecins spécialistes exerçant quant à eux une discipline "différente": l'obstétrique.

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AFeutique

On sait que la répétition inlassable d'une contre-vérité n'entraîne pas que celle-ci devienne vraie, néanmoins cela contribue grandement à faire croire, en particulier à un public non averti, que comme "il n'y a pas de fumée sans feu", il y a forcément un fond de vérité dans une assertion aussi souvent répétée.

 

GROSSESSE PHYSIO OU PATHO ?

 

TOUTES LES GROSSESSES SONT PHYSIOLOGIQUES.

 

La grossesse c'est à dire la possibilité de porter un bébé se développant à l'intérieur du corps de la mère et se terminant par une "issue de grossesse" c'est à dire la sortie du produit de conception du corps de la mère, est un processus permis par la physiologie c'est à dire par le fonctionnement biologique du corps de la femme.

Il se peut bien sûr que la femme ou plutôt le couple présentent des difficultés qui amènent à solliciter une "aide médicale à la procréation".

Mais quelle que soit l'étendue de l'aide apportée par les soignants et leurs techniques parfois extrêmement sophistiquées, le fait que la grossesse "tienne" et aboutisse à une naissance, reste un processus largement mystérieux, comme reste mystérieux (ou divin selon convictions) l'origine de la vie elle même.

C'est la  physiologie humaine qui permet ces processus de reproduction de l'espèce.

Pour des raisons complexes et en général non parfaitement élucidées, le processus physiologique "normal" ou plutôt "habituel", le plus fréquent, dévie de sa trajectoire laissant apparaître et se développer un certain nombre de difficultés.

Le processus qui fait qu'un mécanisme physiologique se complique et devient pathologique, s'appelle la PHYSIOPATHOLOGIE.

 

IL Y A UN CONTINUUM DE LA PHYSIOLOGIE A LA PATHOLOGIE PAR LE TRUCHEMENT DE LA PHYSIOPATHOLOGIE.

 

Si un certain nombre de déterminants permettent d'établir une probabilité d'apparition d'un phénomène physiopathologique, et qu'il est possible de donner une valeur plus ou moins forte à cette probabilité, c'est à dire à ce risque plus ou moins grand d'un dysfonctionnement dans le processus physiologique, une probabilité reste une probabilité et n'est jamais égale à zéro: il est impossible de prédire avec certitude que le déroulement de la grossesse sera sans difficulté et que l'accouchement sera simple et naturel lui aussi.

 

UN RISQUE RESTE UN RISQUE ET N'EST JAMAIS ÉGAL À ZÉRO.

 

LA GROSSESSE SE TERMINE (LE PLUS SOUVENT) PAR UN ACCOUCHEMENT.

 

La grossesse, qu'elle soit "physio" ou "patho" c'est à dire que la gestation se déroule normalement ou se complique (et ça on  ne le saura avec certitude qu'après), se termine nécessairement par une "issue de grossesse" (sauf malheureux décès de la femme en cours de grossesse).

Lorsque la viabilité fœtale définie par l'OMS est atteinte (22 SA (semaines d'aménorrhée soit environ 4 mois et demi de grossesse) et/ou fœtus d'au moins 500 g), l'issue de grossesse est un accouchement conduisant à une (ou plusieurs) naissance(s). (Avant cette limite il s'agit d'un avortement (fausse-couche) au sens de l'OMS, bien que la législation française actuelle permette l'enregistrement de cette issue de grossesse sans vie dans les registres d'état civil et les livrets de famille, lorsque celle ci survient au delà des limites de terme de l'interruption volontaire de grossesse (14SA))

 

ACCOUCHEMENT PHYSIO OU PATHO ?

 

Tout à fait indépendamment du déroulement de la grossesse, l'accouchement en lui même peut se dérouler de manière "physio" (accouchement spontané par les voies naturelles d'un enfant vivant), ou au contraire, un certain nombre de phénomènes "pathos" peuvent survenir, venant de la mère, du fœtus, ou de la confrontation spécifique entre la présentation fœtale et le bassin maternel qui caractérise le processus d'accouchement par les "voies naturelles" (le bassin maternel, la cavité pelvienne et l'utérus, le vagin, la vulve).

La survenue de difficultés d’accommodation c'est à dire d'adaptation entre les voies naturelles de la femme et la présentation (la tête, le siège, le front, la face...) de son bébé constitue l'essentiel de la dystocie, celle la même qu'il conviendra d'abord de diagnostiquer, puis de corriger pour obtenir la naissance d'un enfant vivant.

L'accouchement sera pratiqué soit par "voie basse" à l'aide éventuelle de manœuvres obstétricales ou d'assistance instrumentale (forceps ou ventouse) ou il sera fait recours à la "voie haute" c'est à dire à la césarienne.

Un certain nombre de difficultés peuvent ensuite survenir lors de la délivrance (issue du placenta après la sortie du bébé) et dans les suites immédiates de l'accouchement.

 

UNE GROSSESSE "PHYSIO" NE SE TERMINE PAS NÉCESSAIREMENT PAR UN ACCOUCHEMENT NATUREL SIMPLE (d'un enfant vivant).

UNE GROSSESSE "PHYSIO" PEUT SE TERMINER PAR UN ACCOUCHEMENT "PATHO", COMME UNE GROSSESSE "PATH" PEUT SE TERMINER PAR UN ACCOUCHEMENT "PHYSIO".

 

Organiser deux filières de soins en matière de grossesse et d'accouchement selon la "physio" et la "patho" n'a donc aucune forme de rationalité médicale.

Au plan médical, l'idée est de proposer à TOUTES les femmes les soins optima car toutes souhaitent une grossesse "physio" et un accouchement "physio" mais surtout elles veulent toutes tenir un joli bébé vivant dans leur bras ! Et l'ensemble des professionnels du secteur le leur souhaite aussi !

 

D'un point de vue strictement gestionnaire, il est plus coûteux d'organiser les soins de manière à ce qu'un risque de faible niveau soit pris en charge extemporanément dans la structure, plutôt que d'organiser les soins selon un moins-disant c'est à dire de considérer que la faible probabilité du risque fait qu'il n'est pas nécessaire d'organiser a priori son éventuelle prise en charge immédiate par la structure.

Le gestionnaire doit pratiquer en permanence un arbitrage entre une organisation complexe et coûteuse qui prendra en charge le risque même faible, et une organisation minimaliste qui sera parfaitement adéquate pour prendre en charge la grande majorité des cas.

Tout est donc fonction de ce qu'on considère comme raisonnable ou souhaitable comme budget à consacrer à un niveau qu'on considère comme raisonnable ou acceptable de risque.

Là est la vraie problématique (entre autres)....

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 08:41

Le 22 juillet 2006, mourait le Dr Jeanne Seebacher.

Ayant fait l'essentiel de sa carrière au sein du département d'anesthésie-réanimation du groupe hospitalier la Pitié-Salpêtrière, elle fut au cours des années 1970 la pionnière en France de l'application de l'anesthésie péridurale pour les accouchements.

Au cours de ses études, elle avait pratiqué ce type d'anesthésie dans d'autres contextes, à l'hôpital Henri-Mondor (Créteil), aux côtés du professeur Pierre Huguenard. En 1974, à l'invitation de son chef de service, le professeur Pierre Viars, qui souhaitait développer cette pratique en obstétrique, Jeanne Seebacher partit se former à l'étranger. Elle se perfectionna auprès du professeur Luc Lecron, à Charleroi (Belgique), puis du professeur Philippe Bromage, à l'université McGill de Montréal (Canada). De retour en France, avec son collègue le docteur Michel Henry, elle entreprit de proposer à toutes les femmes qui le souhaitaient ce moyen d'éviter les douleurs de l'enfantement.

Cette démarche se heurtait, à l'époque, à de très fortes réticences idéologiques, même si la "psychoprophylaxie", mieux connue sous le nom d'"accouchement sans douleur", était souvent pratiquée. Jeanne Seebacher prit soin de ne pas opposer les deux techniques. De même, elle tenait à ce que cette analgésie péridurale puisse être accessible à toutes les femmes qui la souhaitent, dans tous les établissements en particulier dans les établissements publics, à toute heure.

Proposer un traitement efficace de la douleur à toutes les femmes douloureuses en couches, sans considérer qu'il s'agissait de "confort", que "nos grands-mères ont réussi à accoucher sans péridurale" , que la douleur est "normale", "physiologique", voire même qu'elle serait une "douleur imaginaire", fruit de la culture, à laquelle il ne faudrait proposer que des paroles d'encouragement, a été une véritable révolution dans les mentalités mais aussi dans l'organisation des soins en obstétrique, impliquant la disponibilité permanente d'un anesthésiste pour la salle de naissances.

Si le Dr Seebacher a reçu l'appui des responsables de la maternité de la Pitié, elle a eu à affronter l'hostilité d'une partie des obstétriciens et des anesthésistes. "La moitié des patrons d'obstétrique parisiens ont écrit des articles contre la péridurale entre 1975 et 1978", racontait-elle.

La "garde d'obstétrique", qui consiste pour les médecins anesthésistes à poser pendant 24 heures consécutives, des péridurales à toute heure du jour et de la nuit, a été un véritable cauchemar pour bon nombre d'entre eux, certains ont délibérément choisi d'exercer dans un établissement sans maternité pour l'éviter.

Cette révolution aussi bien dans les mentalités que dans l'organisation des soins a pu se concrétiser grâce à la ténacité de pionniers comme le Dr Seebacher et aussi grâce au fait qu'elle a eu lieu à la fin des "trente glorieuses", dans les années 1970-1980 où les caisses publiques étaient suffisamment remplies pour mettre en œuvre ce coûteux projet.

Trente ans plus tard, des gens qui n'étaient pas nés à l'époque, et qui ignorent jusqu'au nom de cette grande dame, vous expliquent avec aplomb, que proposer la péridurale à toutes celles qui la souhaitent (et dont les conditions médicales permettent de l'obtenir) est parfaitement superflu.... discours opportun à l'oreille des "tutelles" à l'heure où il n'y aurait plus d'argent pour faire fonctionner correctement les hôpitaux existants mais toujours suffisamment pour financer les "restructurations" et constructions de mastodontes hospitaliers "concentrés" et deshumanisés....

Repose en paix, Chère Jeanne, il vaut mieux pour toi que tu n'entendes pas la désinformation et les contrevérités ineptes proférées à propos de la formidable technique que tu as grandement contribué à répandre à la grande satisfaction de nombreuses d'entre nous. Merci.

http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2006/07/29/jeanne-seebacher_799613_3382.html#qPWqcRofz626XzV2.99

L'accouchement sans douleur. Histoire d'une révolution oubliée. Marianne Caron- Leumez Jocelyne George Éditions de l'Atelier/ Éditions ouvrières Paris 2004

L'Analgésie péridurale en obstétrique / Jeanne Seebacher, Yves Darbois. Paris 1982 http://www.idref.fr/093548745

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 11:08

"Le Serment d'Hippocrate est prêté par les Sages-Femmes à la fin de leurs études au moment de la remise de leur diplôme d’État.
Chaque Sage-Femme repart avec son acte de Prestation de Serment qu'elle peut encadrer pour l'avoir toujours sous les yeux .
Il se termine ainsi Que je sois couverte d'opprobre si j'y manque "

http://www.geneanet.org/forum/?topic=487656.0

Un tel serment est également prêté par les chirurgiens dentistes: autre profession médicale selon le Code de la Santé Publique

http://www.aly-abbara.com/museum/medecine/pages_01/Serment_dentiste.html

Hippocrate

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hippocrate

Portrait d'Hippocrate de Cos, Paris - Bibliothèque nationale, manuscrit grec 2144, f° 10 v°, XIVe siècle

Serment d'Hippocrate

Je jure par Apollon médecin, par Asclépios, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin, de remplir, selon ma capacité et mon jugement, ce serment et ce contrat; de considérer d'abord mon maître en cet art à l'égal de mes propres parents; de mettre à sa disposition des subsides et, s'il est dans le besoin, de lui transmettre une part de mes biens; de considérer sa descendance à l'égal de mes frères, et de leur enseigner cet art, s'ils désirent l'apprendre, sans salaire ni contrat; de transmettre, les préceptes, des leçons orales et le reste de l'enseignement à mes fils, à ceux de mon maître, et aux disciples liés par un contrat et un serment, suivant la loi médicale, mais à nul autre.

J'utiliserai le régime pour l'utilité des malades, suivant mon pouvoir et mon jugement; mais si c'est pour leur perte ou pour une injustice à leur égard, je jure d'y faire obstacle. Je ne remettrai à personne une drogue mortelle si on me la demande, ni ne prendrai l'initiative d'une telle suggestion. De même, je ne remettrai pas non plus à une femme un pessaire abortif. C'est dans la pureté et la piété que je passerai ma vie et exercerai mon art. Je n'inciserai pas non plus les malades atteints de lithiase, mais je laisserai cela aux hommes spécialistes de cette intervention. Dans toutes les maisons où je dois entrer, je pénétrerai pour l'utilité des malades, me tenant à l'écart de toute injustice volontaire, de tout acte corrupteur en général, et en particulier des relations amoureuses avec les femmes ou les hommes, libres ou esclaves. Tout ce que je verrai ou entendrai au cours du traitement, ou même en dehors du traitement, concernant la vie des gens, si cela ne doit jamais être répété au-dehors, je le tairai, considérant que de telles choses sont secrètes.

Eh bien donc, si j'exécute ce serment et ne l'enfreins pas, qu'il me soit donné de jouir de ma vie et de mon art, honoré de tous les hommes pour l'éternité. En revanche, si je le viole et que je me parjure, que ce soit le contraire.

Traduction
J. Jouanna, Hippocrate, Paris, Librairie Arthème Fayard, 1992, annexe I.

http://ordomedic.be/fr/l-ordre/serment-%28belgique%29/serment-hippocrates/

Dans son blog, Yves Charpak mentionne la proposition faite par la promo 2014 de sa fille de faire prêter serment sur une "version hippocratique" adaptée à la profession de sage-femme

http://yvescharpak.typepad.com/blog/2014/06/un-serment-dhypocrate-adapt%C3%A9-pour-les-sages-femmes-.html

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 16:41

Le sociologue et intervenant en management Christian MOREL est l'auteur d'un remarquable essai intitulé Les décisions absurdes II (Folio Essais, Éditions Gallimard, Paris 2012) qui complète et enrichit très considérablement l'ouvrage qu'il avait publié en 2002 sous le titre Les décisions absurdes.

Extrait

Chapitre 6 p159

Intelligence collective et fiabilité

Les effets pervers de la dynamique de groupe en matière de délibération ou de décision :

  • effet de polarisation phénomène par lequel une délibération collective va radicaliser une décision au lieu de la tempérer

  • paradigme de Asch montre qu'un individu isolé à tendance à se ranger à l'avis unanime du groupe même quand celui-ci présente un caractère clairement inapproprié

  • biais de confirmation désigne la tendance des individus à retenir uniquement les informations et les arguments qui confirment leur propre opinion

  • "pensée de groupe" dont la caractéristique principale est de privilégier l'harmonie et la cohésion du groupe par rapport à l'expression et la gestion de désaccords et de conflits internes

  • "communication silencieuse" consiste à appuyer une délibération en fonction de supputations sur ce qu'en pensent les autres

  • illusion de l'unanimité : comme les opposants ou les réticents préfèrent taire leur désaccord pour préserver la paix dans le groupe, les autres pensent qu'il y a unanimité

  • pression hiérarchique : la dissimulation d'opinion divergente par crainte de mécontenter le chef ou le leader d'un groupe est également un effet pervers très connu des « délibérations collectives »

Article du Nouvel économiste concernant Les décisions absurdes II

http://www.lenouveleconomiste.fr/pour-une-contre-culture-du-management-14422/

Vidéo de Christian MOREL présentant son essai Les décisions absurdes II

https://www.youtube.com/watch?v=nh_1JcftRmo

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 16:13

On raconte qu’un sage avait un fils qui lui dit un jour :

"Père, toi qui est plein de raison, pourquoi te laisses-tu critiquer pour certaines choses ? Cela n’alimente-t-il pas les critiques ?"

"Mon fils, tu es bien jeune et sans expérience ! Satisfaire les gens est un objectif inaccessible.

Je vais t’en faire la démonstration."

Cet homme avait un âne.

Il dit à son fils :

"Grimpe sur cet âne, moi je te suivrai à pied !"

Tandis qu’il était ainsi, un homme les vit et s’écria :

"Regardez-moi ça ! Quel peu d’éducation à ce freluquet ! Lui, il est sur l’âne, et son père, il le laisse marcher !"

Le père dit à son fils : "Bon, descends ! Je vais prendre ta place. C’est toi qui marcheras derrière moi."

Une autre personne dit alors :

"Voyez le peu de compassion qu’a cet individu : il est assis sur le dos de l’âne et laisse son fils aller à pied !"

Le sage dit à son fils : " Monte à côté de moi !"

Une troisième personne intervint :

"Que Dieu accable ces deux-là ! Voyez comme ils écrasent ce pauvre âne du poids de leur deux corps ! Un seul aurait suffi !"

Alors le père dit : "Descendons !"

Ils marchèrent derrière l’âne qui n’avait donc plus personne sur le dos.

Un homme les vit et s’écria :

"Voyez ces deux idiots qui laissent leur âne sans fardeau et marchent derrière lui !"

"Tu as entendu mon fils, tout ce que ces gens ont dit ? Tu as compris, maintenant que personne ne peut échapper à la critique, quoi qu’il fasse !"

Les analectes (Nafh at-tîb) p. 93, T 3

Jean-Jacques Schmidt

Le livre de l’humour arabe

Babel, Actes Sud, 2005

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 18:26

Le 16 mars 2014, Simona, une anesthésiste de l’hôpital de Châteauroux, mettait fin à ses jours dans sa chambre de garde. La praticienne, originaire de Roumanie, 37 ans et mère d’un petit garçon, sortait d’une semaine de travail de 78 heures. Le drame avait secoué la communauté hospitalière et mettait une nouvelle fois en évidence la souffrance des soignants, du moins de ceux qui "font le boulot" pour de vrai. 
http://www.marianne.net/Chateauroux-ce-que-revele-le-suicide-d-une-anesthesiste_a241593.html

 

Ce drame n'est pas sans rappeler le suicide d'un autre probable "esclave hospitalier" des temps actuels , d'origine arabe quant à lui, le suicide spectaculaire du Docteur Mazen Hzam, sur son lieu de travail, l'hôpital de Nevers, survenu un an auparavant  quasiment jour pour jour.

http://chocs9cube.over-blog.com/article-tragedie-a-l-hopital-de-nevers-le-suicide-spectaculaire-du-docteur-mazen-hzam-le-23-avril-2013-118744947.html

 

Requiescat in pace

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 16:04

 

La PCEM 1 (Première année du Premier Cycle des Études Médicales), tronc commun pour les études médicales et dentaires, l'ancien « PCB » (Physique, Chimie, Biologie) de nos aïeux, a fait place en 2002 à la Première Année Commune des Études de Santé (PACES), commune aux études médicales, dentaires et de sage-femme, elle même remaniée en 2009 pour y inclure la première année de Pharmacie.

En 2009 le concours avec classement unique qui laissait craindre qu'une partie des candidats s'orientent "par dépit" dans une filière plutôt que dans une autre en fonction de leur classement, plutôt que par "vocation", a été scindé en un tronc commun et des options spécifiques avec l'organisation annuelle de quatre concours distincts : études médicales, odontologiques (dentaires), pharmaceutiques et de sage-femme.

Par convention, un certain nombre d’étudiants peuvent également s’inscrire dans la filière kinésithérapie.

A également été mise en place une ré-orientation des quinze pour-cent des étudiants les moins bien classés, dès l’issue de la première partie du concours.

 

Les principaux éléments de la réforme sont définis par l’arrêté du 28 octobre 2009, publié au journal officiel du 17 novembre 2009.

 

http://legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=ABD73B8079446B9453B932FBD6B2F03F.tpdjo05v_1?cidTexte=JORFTEXT000021276755&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000021276537

 

« Arrêté du 28 octobre 2009 relatif à la première année commune aux études de santé

NOR: ESRS0925329A

ELI: http://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2009/10/28/ESRS0925329A/jo/texte


La ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche et la ministre de la santé et des sports,
Vu le code de l'éducation, et notamment son
article L. 631-1 ;
Vu le code de la santé publique ;
Vu l'
arrêté du 17 juillet 1987 modifié relatif au régime des études en vue du diplôme d'Etat de docteur en pharmacie ;
Vu l'
arrêté du 18 mars 1992modifié relatif à l'organisation du premier cycle et de la première année du deuxième cycle des études médicales ;
Vu l'avis du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche en date du 21 septembre 2009,
Arrêtent :

  • TITRE IER : DISPOSITIONS COMMUNES

Article1
La première année des études de santé est commune aux études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et de sage-femme. Elle peut l'être également avec certaines formations paramédicales dans des conditions définies par arrêté des ministres chargés de la santé et de l'enseignement supérieur. (…) ».



Les détails de l'organisation de la PACES diffèrent selon les différentes universités et sont accessibles en ligne, par exemple pour ce qui concerne l'université de Lille :


 

http://paces.univ-lille2.fr/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&file=fileadmin/user_upload/organisation/2014-2015livret-paces.pdf&t=1418144977&hash=3dd1afcfbf13088ce4b4941f50430588ab720707

 

 

« Médecine, Odontologie, Pharmacie et Maïeutique
Admission en 1ère année d’Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie

(…) A l’issue du concours du 1er semestre, les étudiants devront choisir leur(s) unité(s) spécifique(s) d’enseignement.

 

Le classement au concours d’une filière nécessite de s’y être préalablement inscrit.

 

Les étudiants peuvent théoriquement s’inscrire dans les 4 filières. Il convient néanmoins de bien réfléchir car le choix d’une filière est avant tout le choix de sa future profession. De plus, chaque UE spécifique représente un volume horaire important, ce qui diminue logiquement les possibilités de réussite dans la filière préférée.

Il est recommandé de ne s’inscrire qu’à deux filières maximum. (…) »

 


 

On constate dans de nombreux documents l'apparition du vocable « maïeutique » pour signifier « études de la profession de sage-femme » ou encore « profession de sage-femme », « métier exercé par la sage-femme », la langue française ne possédant pas d'équivalent pour le « midewifery » des anglophones.

L'importante masculinisation de la profession a conduit par ailleurs à s'interroger sur le nom par lequel il convient de désigner la « sage-femme-homme », le terme de « sage-femme » paraissant néanmoins plus simple à de nombreux hommes qui exercent cette profession, plutôt que celui de « maïeuticien ».

 


 

Maïa, l’aînée des Pléïades :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AFa_%28mythologie%29

 

« Dans la mythologie grecque, Maïa (en grec ancien : Μαῖα / Maĩa) est l'aînée des Pléiades, filles d'Atlas et de Pléioné. Séduite par Zeus, elle donne naissance à Hermès. Plus tard, Hermès lui confiera Arcas, fils de Zeus et de la nymphe Callisto, afin qu'elle l'élève en cachette d'Héra. Selon Larousse: « Dans la mythologie romaine, la Maïa grecque se confondit avec une divinité indigène homonyme, déesse de la croissance. Dans la mythologie hindoue, Maïa est la personnalisation féminine du principe créateur. »

Le cinquième mois du calendrier julien puis grégorien aurait été nommé mai en son honneur par les Romains.

Son nom signifie littéralement « petite mère », hypocoristique donné traditionnellement à la grand-mère, la nourrice ou la sage-femme1.

Le terme « maïeutique » dériverait également de son nom. »



Assemblée divine (détail) : Hermès et sa mère Maïa, amphore attique à figures rouges, v. 500 av. J.-C., Staatliche Antikensammlungen (Inv. 2304)



 

 

 

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 19:56

Commérage et contrôle social : utilisation possiblement déviante des "fiches de déclaration d’événement indésirable lié aux soins" à l’hôpital de Montfermeil et ailleurs : de la "gestion des risques" dans le domaine de la santé vers la "gestion des potins" selon le sociologue allemand Norbert Elias


Comme on l'a vu antérieurement les "fiches de déclaration des événements indésirables" peuvent permettre la constitution d'un dossier à charge à l'encontre d'un agent de l'hôpital:


Usage abusif de l'article L6143-7 du code de santé publique, la "suspension administrative d'exercice" prononcée "en urgence dans l'intérêt du service" à l'hôpital de Montfermeil



Ces fiches s'eloignent parfois notablement de la "déclaration d'événement indésirable grave lié aux soins" telle que préconisée dans le cadre des fondamentales "vigilances" en matière de Santé: 

http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1098577/fr/declaration-des-evenements-indesirables

 

DREES Etudes et résultats

N° 398 • mai 2005

Les événements indésirables graves liés aux soins observés dans les établissements de santé :

premiers résultats d’une étude nationale

http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/ENEIS_1.pdf

 

http://www.drees.sante.gouv.fr/IMG/pdf/serieetud67.pdf

 


 

Et se rapprocher davantage de "commérages" qui à la différence de ceux-ci sont écrits.

 

http://www.lyc-vinci-st-witz.ac-versailles.fr/IMG/pdf/Cours_SES_1ES_du_28_novembre_au_2_decembre.pdf

  

Remarques sur le commérage

In: Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 60, novembre 1985. Images "populaires" pp. 23-29.

Citer ce document / Cite this document :

Elias Norbert, Muel-Dreyfus Francine. Remarques sur le commérage. In: Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 60,

novembre 1985. Images "populaires" pp. 23-29.

doi : 10.3406/arss.1985.2285

 

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/arss_0335-5322_1985_num_60_1_2285

 

Ces « remarques sur le commérage » constituent le chapitre 7 « Observations sur les potins » de la traduction en français du livre de Norbert Elias « The Established  and the Outsiders » :

Logiques de l’exclusion

Norbert Elias

Fayard, Paris, 1997

 

 

Norbert Elias

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Norbert_Elias

 

https://www.youtube.com/watch?v=gNmws_yOEaE

 

 

 

 

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 17:59

On raconte qu'un loup et un renard étaient les compagnons d'un lion.

Ils prirent à la chasse un onagre, un faon et un lièvre.

Le lion dit au loup :

Partage cela entre nous !

L'onagre pour toi... fit le loup, le faon pour moi... et le lièvre pour le renard.

Le lion se mit en colère, foudroya le loup du regard et lui arracha la tête.

Puis il dit au renard :

Partage toi !

L'onagre pour ton déjeuner... fit le renard, le faon pour ton dîner...

et le lièvre pour tromper une petite faim la nuit !

Qui t'a appris à partager si équitablement ? demanda le lion.

La tête du loup qui est devant toi.

 

Prose et poésie omeyade, extrait des « fleurs du printemps » p 42

Jean-Jacques Schmidt

Le livre de l'humour arabe

BABEL, Actes Sud, 2005

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 19:15

Erhard FRIEDBERG: une vision sociologique dynamique et interactive de l'action organisée qu'il serait intéressant d'appliquer à l'Hôpital pour expliquer et tenter de corriger ses dérives actuelles

 

http://www.archivesaudiovisuelles.fr/FR/_video.asp?id=46&ress=337&video=88096&format=68#463

 

"Le fonctionnement d'une organisation corespond à la solution que des acteurs relativement autonomes et agissant dans les contraintes générales d'une RATIONALITE LIMITEE, ont trouvée pour structurer  et régler leur COOPERATION CONFLICTUELLE dans la poursuite d'objectifs communs"

Le pouvoir et la règle

Dynamiques de l'action organisée, p330

Erhard Friedberg

Points Essais Editions du Seuil, Paris, avril 1993 et février 1997

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Published by CHOCS9cube - dans sociologie
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